Apprendre le parapente

Voici une témoignage pour vous expliquer comment apprendre le parapente et débuter dans le vol libre.

(Un texte de Vincent D.)

Apprendre le parapente, ce n’est pas réviser son vocabulaire d’allemand; apprendre la langue de Goethe se fait par nécessité, non par envie ; se lancer dans les airs sous une voile, admirer le monde par les yeux d’une créature de l’air, pratiquer un sport dans lequel peu de personnes osent se lancer, se sentir libre, seul, tranquille et serein, c’est une passion, un appel du vent et des hauteurs, un désir profond. Se lancer dans ce sport ne répond à aucun besoin vital, à aucune utilité pratique. Cependant, à force de voler, de voir le monde si petit à nos pieds, que l’envie se fait plus forte, le désir originellement aussi volatile qu’une légère faim, se fait plus pressante. L’appétit pour le vol grandit, se mue en une fringale insatiable pour l’élément de la liberté, cet air si précieux et addictif. Apprendre le parapente, c’est l’histoire d’une velléité absconse et abstraite qui se transforme en Éros précis et puissant.

apprendre le parapente à Grandvillard

Quand je me suis lancé dans le délire du vol libre, le doux nom légal du parapente, j’ai été frappé par la simplicité avec laquelle les premiers pas sont faits. Un jour, je me suis décidé à appeler une école. Une recherche sur le web, un numéro de téléphone tapé à la hâte, un coup de fil et c’était réglé : ce week-end, j’irai voler. Dans ma tête, je me disais qu’il y aurait des heures d’apprentissage au sol, de cours théoriques, de nouveau de l’apprentissage… mais non, rien de tout cela. Pour apprendre le parapente, c’est tout simple. Il suffit de suivre deux jours d’initiation où on enchaîne une explication technique, une matinée de « gonflages » – j’y reviendrai – un vol en biplace, où l’on touche déjà aux commandes et où l’instructeur nous décrit les phases d’atterrissage, et finalement un vol solo. Oui, c’est cela. Un vol, tout seul comme un grand. Le jeudi soir j’appelais l’école, le dimanche je me posais, seul sous ma voile, seulement guidé et aidé par la radio accrochée à un sangle passant sur ma poitrine.

apprendre le parapente en Gruyère

La formation en elle-même est décomposée en quatre phases : l’initiation, les 50 vols obligatoires en solo et sous supervision de l’instructeur, l’apprentissage théorique et son examen et l’examen pratique pour l’obtention de la licence. Un peu comme la voiture, somme toutes, avec la contrainte additionnelle d’un nombre d’heures de pratique avant de se présenter à l’examen. Vivre sa formation, c’est un peu découvrir un nouveau monde, c’est courir après un Graal que l’on aperçoit au loin et qui s’approche rapidement au fil des vols.

apprendre le parapente solo

Ce fameux week-end d’initiation, c’est redécouvrir sa jeunesse. Lorsque l’instructrice nous a expliqué comment cela allait se passer, j’étais enjoué. Lorsque, pour la première fois j’ai tenté de lever la voile au-dessus de ma tête et que j’ai échoué, j’ai boudé. Lors d’une deuxième, ou troisième, ou quatrième tentative, je ne me rappelle plus exactement, mais qu’importe !, j’ai enfin réussi, j’ai sautillé de joie, heureux comme un fou, fier comme un paon… Et perdant toute crédibilité auprès de mes collègues du jour au passage. Mais j’avais réussi à faire un gonflage, cette phase initiale du décollage où la voile, tout d’abord flasque et molle sur le sol, s’élève en-dessus de notre tête et devient l’aile rigide et puissante qui va nous porter durant notre vol. En un instant, de novice spectateur, j’avais rejoint les rangs de ces « sportifs aventuriers » s’envolant des bords de piste de ski. La méthode pour ceci ? Bien étaler sa voile, démêler les suspentes – que je nommais sac de nœuds de fichues ficelles quelques heures auparavant –, se centrer par rapport à l’aile, faire face à la pente, quelques pas en avant et la magie opère. La voile s’élève, bien au-dessus de la tête. Elle me dépasse, un coup sec sur les freins – deux poignées qui permettent de ralentir la voile une fois cette dernière en l’air… Bien trop sec, la voile s’écrase en arrière, je manque de m’étaler. Penaud, un regard vers l’instructrice qui me confirme d’un signe de tête ce que je savais déjà : « beaucoup trop bourrin sur les freins ». Apprendre le parapente, ça n’est pas si dur, mais il faut tout de même plus que quelques minutes.

apprendre le parapente en pente école

Une fois ces gonflages effectués, le vol en biplace se passe tout naturellement. L’instructeur derrière nous nous montre comment on passe d’une pente douce et herbeuse à un vrai terrain de décollage, où la finalité est de planer dans les airs. Puis comment on manœuvre en l’air, à la manière d’un bob : on tire à gauche, alors on tourne à gauche. Celle de droite, pour aller à droite. Le principe est enfantin et la sensation en l’air est grisante. Mais voilà déjà que le terrain d’atterrissage est en vue, il s’agit de se mettre correctement en place, de se placer face au vent pour que la vitesse au sol soit minimale. L’instructeur reprend les rennes, mais explique, montre. On se pose au mètre près. Voilà, on remonte déjà. Monter, parler de la descente, rager car on n’a pas atterri exactement où on voulait, voler, recommencer, c’est la routine usuelle quand on commence à apprendre le parapente.

apprendre le parapente en montagne
apprendre le parapente en groupe

Dans quelques instants, ce sera à moi de m’élancer, seul, courant sur cette pente des Préalpes fribourgeoises. La vue est magnifique, mais je ne la vois pas, un léger stress m’envahit. L’instructrice me regarde et avec un léger sourire m’annonce que c’est à moi. Mais pourquoi mes jambes avancent-elles ? Qu’est-ce que ?… Ça y est, je suis en l’air. Rien de bien fou, après tout, pourquoi stressais-je ? Je remarque la magnifique vue, les sapins sous mes pieds, l’air qui souffle sur mon visage, le calme ambiant. Je vole, le stress des villes, de mes études, des devoirs quotidiens sont restés au sol, je suis un simple point bercé par les vents montagneux, un îlot de tranquillité. Le vol libre, c’est mon moment de tranquillité et d’évasion dans ce monde qui va si vite, où je survole ces nuages que j’aperçois depuis la fenêtre de mon bureau et qui rendent mes jours gris.

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